Trinidad au Paraguay
Lundi 9 Novembre 1998
Nous avons préféré faire appel à une agence, c'est-à-dire une voiture avec sa conductrice (Argentine), car nous ne savions pas si le passage de la frontière allait se passer facilement. Mais tout se passa très bien. D'autant plus que Trinidad se trouvant à 32 km d'Encarnación, il nous fallait une voiture.
J'avais déjà mis le pied une fois au Paraguay, à Puerto Strossner (à droite sur la carte), lorsque j'avais visité les chutes d'Iguaçu en 1986 au départ du Brésil. Puerto Strossner c'était la porte d'entrée des chutes d'Iguazú côté Paraguay. Et là aussi il y avait un grand pont qui relie le Brésil au Paraguay.
La ville, Puerto Strossner a porté le nom du Président Alfredo Stroessner jusqu'en 1989 (président de la République du Paraguay arrivé au pouvoir en 1954 à la suite d'un coup d'État, et lui-même renversé par un coup d'État, le 3 février 1989...)
Aujourd'hui Puerto Strossner s'appelle Ciudad del Este. (Ma carte est ancienne).
La mission de Trinidad
Histoire
Les Jésuites sont arrivés dans la province de Guayrá en 1588. Avec l’autorisation du roi Philippe II d’Espagne, les missionnaires avaient pour objectif de christianiser la population autochtone et de la protéger du système de travail colonial de l’encomienda, un quasi-esclavage.
Dès 1609 des missionnaires de la Compagnie de Jésus commencèrent un travail systématique d'évangélisation dans la province du Paraguai. La création des "réductions" (reduções) Jésuites-Guaranis avaient comme objectif la conversion des indiens Guarani au Christianisme, ce qui servait aussi aux intérêts de la Couronne.
Les habitants étaient donc réunis et engagés à se sédentariser et à se convertir au christianisme mais, contrairement à d’autres missions du Nouveau Monde, ils n’étaient pas forcés de s’européaniser. Beaucoup de traditions autochtones étaient maintenues et encouragées, comme la culture de la yerba maté.
Les missions représentent une fusion des cultures par laquelle le processus de christianisation permettait à la population autochtone de conserver des éléments de leur culture traditionnelle.
Je replace ici la photo de la maquette d'une réduction jésuite du musée de Santo Ângelo,
car c'est à Trinidad que l'on reconnait le mieux la disposition telle qu'elle était dans le passé.

Maquette type

Panorama sur le site de Trinidad, en vrai
La mission de la "Santísima Trinidad del Paraná" est l’ensemble urbain le mieux préservé.
Elle fut établie en 1706, après la plupart des autres réductions. L'ensemble de ses bâtiments couvrait une superficie d’environ 8 ha. Ce fut l'une des dernières abandonnées.
La grande église de pierre avait un beau dôme et une décoration très soignée. Elle a été construite vers 1745 d’après le projet de l’architecte milanais Juan Bautista Prímoli. Elle mesurait 86 m de largeur sur 45 m de longueur.
En plus d'une grande partie de l'église l’église principale, il reste aujourd'hui des vestiges de la petite église,
des maisons des indiens, une partie du collège ou de l’école, du cloître, des cimetières, des potagers, du beffroi,
des maisons des autochtones et des ateliers et 14 sculptures de bois et de pierre.

A igreja menor et l'observatoire astronomique
![]() La crypte |
![]() L'église |
![]() Les frises des instruments de musique (Tout en haut) |
![]() |
![]() Statue à l'air libre |
![]() La même statue de côté |
![]() A igreja menor et l'observatoire (l'escalier) |
![]() L'escalier sud qui monte à l'observatoire (On observait donc les planète) |

Le sol d'origine
![]() Le pupitre qui était utilisé par les Jésuites |
![]() C'est la seule mission où l'on peut encore en voir un |
![]() Statue à l'air libre dans l'enceinte de l'église |
![]() La dame espagnole à l'éventail (statue à l'air libre) |
